Hydratation

Mis à jour le
min reading

Le corps adulte contient 60% d’eau, 70% chez les enfants. Cette concentration indispensable au métabolisme vital est maintenue en dépit des entrées et sorties de liquide. Car l’eau entre et sort du corps en permanence par l’alimentation et la soif, par l’urine et les selles, la sueur... L’équilibre entre les entrées et sorties d’eau est appelé « balance hydrique ». Chez un adulte de 70 kg, on compte 3 litres de sang, 1 litre d’eau dans les organes comme les articulations et la plèvre, 10 litres entre les cellules, et 28 litres dans les cellules. Ce qui fait 42 litres au total à maintenir quoi qu’il arrive.

Quels sont les enjeux et risques sanitaires de la balance hydrique ?

La déshydratation (plus souvent observée qu’une hyperhydratation) affecte nettement le métabolisme et l’état général des individus. Le risque mortel est patent à partir de 5% de perte en eau. Mais une perte minime de 1 à 2% suffit à altérer les fonctions de base : fatigue, baisse de vigilance, douleurs diverses. 
Il est très difficile d’évaluer la part des troubles de la balance hydrique dans les maladies et décès, faute de données précises. Seuls les décès où la déshydratation domine sont pris en compte. Pourtant les médecins savent qu’une déshydratation modérée suffit à déséquilibrer mortellement beaucoup de maladies chroniques, particulièrement au grand âge : maladies cardiaques et rénales d’abord, diabète ensuite. Sans compter les déséquilibres dangereux des médicaments, qui se retrouvent surdosés quand la quantité de sang diminue.

Comment se règle l’hydratation ?

La balance hydrique est l’équilibre entre entrées (apports) et sorties (pertes) d’eau ; elle dépend des systèmes respiratoire, urinaire, circulatoire et digestif. Et bien sûr du système nerveux. La soif apparaît quand le manque d’eau augmente la concentration sanguine en sels minéraux. L’hypothalamus (à la base du cerveau) est très sensible à ces variations ; une variation de 1% suffit à l’alerter. Cela provoque la soif et la sécrétion importante d’hormone antidiurétique qui restreint drastiquement le volume d’urine, voire l’annule, ce qui est rapidement mortel (insuffisance rénale aiguë pour les médecins). Cette régulation neuro-hormonale ne fonctionne plus très bien chez les vieilles personnes dont la soif est émoussée. Celle-ci n’apparaît que tardivement. Le signe certain de cette déshydratation est une vessie qui ne se remplit pas.

Comment adapter les entrées aux sorties d’eau ?

En buvant et consommant des aliments riches en eau.
Les boissons apportent 70 à 80% du total nécessaire quotidien, les aliments 20 à 30%. La quantité d’eau dans les aliments est toutefois très variable : 40 à 80%. Si en atmosphère tempéré (18-20°C) un sédentaire doit boire un total d’eau (boissons et aliments) entre 2 et 3 l/j en moyenne, cela varie considérablement avec la température extérieure et l’effort fourni.

L’exercice musculaire produit trois fois plus de chaleur que d’énergie motrice. Avec pour conséquence d’élever la température corporelle. Pour la maintenir à 37°C, le corps fabrique de la sueur qui en s’évaporant refroidit les tissus ; des apports d’eau réguliers sont donc indispensables. D’autant plus qu’il faut parallèlement fournir de l’urine pour l’évacuation des déchets, et assez de sang pour approvisionner toutes les cellules.

Attention aux pertes d’eau insensibles

La peau n’est pas étanche, il existe une perspiration cutanée. Qui s’aggrave lors des blessures,  brûlures en particulier : un grand brûlé court un grand risque de déshydratation grave. Un touriste dont le corps est un vaste coup de soleil court un risque de déshydratationimportant et sournois. La respiration est aussi une sortie considérable d’eau car l’air ne peut être assimilé par les poumons s’il n’est pas saturé d’humidité dans les voies aériennes. L’air que nous rejetons est donc saturé en humidité... perdue. Lors d’un effort, l’accélération de la respiration aggrave la perte d’eau par les voies respiratoires. Le tube digestif n’est pas en temps normal une sortie d’eau conséquente. Les selles sont modérément hydratées. Mais en cas de diarrhée, la situation est tout autre : non seulement l’eau de l’aliment est perdue mais les cellules digestives perdent en plus l’eau du corps par inversion de leur métabolisme.

Comment évaluer la déshydratation ?

Avec un pèse-personne. Toute perte de poids brutale en quelques heures est une perte en eau. Les pertes en graisses et muscles demandent plusieurs jours, en général une semaine, pour se manifester de manière significative. La déshydratation est dangereuse à partir de 5% : dès 3% chez les bébés et les vieilles personnes. Chez une personne de 50 kg, une déshydratation de 5% correspond à une perte de poids brutale de 2,5 kg.

Quand on n’a pas de pèse-personne sous la main, la couleur des urines, leur fréquence permet de se faire une idée assez juste de la déshydratation mais ne permet pas de la calculer. Des urines foncées et rares sont signe d’une restriction en eau (sauf en cas de maladie rénale).

Comment faut-il boire ?

En se fiant d’une part à la soif et d’autre part à la quantité d’urines. On peut boire de façon régulière en petites quantités, toutes les 3-4 heures. L’envie d’uriner régulièrement avec émission d’urine claire confirme que la vessie se remplit normalement ; l’absence de sécrétion de l’hormone antidiurétique montre qu’il n’y a pas de trouble de la composition/concentration sanguine.

Trop boire d’eau n’est-il pas néfaste ?

 Oui, cela peut se produire chez les marathoniens qui s’hydratent de façon systématique, et chez les personnes âgées qui ne se nourrissent que de thé et de petits gâteaux. Dans ces cas, l’apport excessif d’eau hypotonique (sans sels dedans) provoque un baisse de la concentration sanguine en sodium, avec conservation du volume sanguin. Cela provoque un oedème des organes, à commencer par le cerveau : des troubles du comportement et de la vigilance s’installent insidieusement. Ils sont corrigés par la restriction d’eau et l’apport calculé de sel. Il faut consulter un médecin rapidement.