Rééducation du prérinée après l'accouchement : méthodes et bénéfices

La rééducation périnéale vise à rééduquer le muscle appelé périnée ou « releveur de l’anus » afin de le raffermir et/ou de savoir l’utiliser à bon escient.

À quoi sert le périnée ?

Le périnée est un muscle qui permet de soutenir tous les organes génitaux et l’abdomen et de contrôler toute cette zone. C’est grâce au périnée qu’on peut éviter les fuites urinaires et les perturbations anales (incontinences ou gaz).

Qui est concerné par la rééducation périnéale ?

Toute personne qui a des fuites urinaires ou des problèmes d’incontinence ou de constipation peut faire de la rééducation périnéale (une femme sur cinq, un homme sur dix et un enfant sur dix souffrent d’incontinence en France selon l’Association française d’urologie). Souvent préconisée après la grossesse, la rééducation périnéalese justifie car le poids du bébé a appuyé sur le périnée pendant plusieurs mois et le passage de sa tête en a distendu les fibres.

À quel moment peut-on ou doit-on faire la rééducation périnéale ?

La prise en charge après la grossesse permet de faire le point, mais la rééducation périnéale peut se faire à n’importe quel âge, que l’on soit un homme ou une femme, un enfant ou un adulte, avant ou après la naissance. Dans le cadre de la grossesse, les femmes peuvent faire de la rééducation périnéale avant l’accouchement pour éviter les fuites urinaires et/ou assouplir leur périnée. Après la grossesse, toutes les femmes (même celles qui ont subi une césarienne) devraient faire de la rééducation périnéale à partir de huit semaines après l’accouchement, au moins pour faire le point, car certaines femmes ont un bon périnée mais ne savent pas l’utiliser. Avant ces huit semaines, les femmes qui ont des douleurs importantes peuvent faire un massage du périnée. Par ailleurs, si le sport post-natal est fortément conseillé, mieux vaut attendre d'avoir fait de la rééducation périnéale pour s'y remettre.

Qui pratique la rééducation périnéale ?

Les kinésithérapeutes pratiquent la rééducation périnéale puisqu’il s’agit d’un travail musculaire. Dans le cadre de la grossesse, les sages-femmes aussi sont habilitées à faire cette rééducation. Attention cependant à toujours vous adresser à un professionnel qui a l’habitude de cette pratique, que ce soit un kiné ou une sage-femme.

Quelles sont les différentes méthodes de rééducation périnéale ?

Il y a trois méthodes de rééducation périnéale, qui se complètent en fonction de l’état du périnée. Cet arsenal thérapeutique comprend la rééducation manuelle, l’électrostimulation par sonde vaginale et le biofeedback. Avec la méthode manuelle, les doigts du thérapeute permettent de sentir toutes les fibres et de diriger la contraction du muscle en fonction du côté qui travaille. L’électrostimulation par sonde vaginale permet de renforcer un muscle faible et donc de parer aux impériosités urinaires, mais cette méthode ne permet pas d’apprendre à se servir de son périnée. Enfin, le biofeedback par sonde permet au patient de travailler tout seul avec un écran. Cette méthode est efficace si le thérapeute analyse les résultats avec lui pour mieux le diriger le cas échéant.

Quels sont les bénéfices de la rééducation périnéale ?

La rééducation périnéale permet de garder une continence urinaire et/ou anale, d’éviter une descente d’organes et d’apprendre à utiliser son périnée, notamment lors des rapports sexuels. En cas d’épisiotomie ou de déchirure, la rééducation périnéale permet de mieux cicatriser, sans douleur.

Que risque-t-on à ne pas faire de rééducation périnéale ?

A contrario, un mauvais périnée favorise la descente d’organes et les incontinences à plus ou moins longue échéance et de façon plus ou moins forte. Enfin, le risque de manquer de sensations pendant un rapport sexuel (soi ou son partenaire) ou de souffrir de dyspareunie (douleurs pendant les rapports sexuels, précisément durant le coït) augmente sensiblement.