Comment être sûre que je suis enceinte ? Les tests de grossesse

On est enceinte dès lors qu’un ovocyte a été fécondé par un spermatozoïde et que l’œuf formé s’est niché dans la paroi de l’utérus pour se développer. En général, la fécondation se produit aux alentours du 14e jour après le premier jour des dernières règles.

Être sûre que l’on est enceinte : quels sont les enjeux ?

Au-delà de l’impatience d’une femme désirant un enfant et souhaitant savoir le plus rapidement possible si elle est enceinte, les enjeux sont multiples :

Un enjeu médical

Savoir que l’on est enceinte permet d’établir dans les délais (c’est-à-dire dans les trois premiers mois) la déclaration de grossesse auprès de la sécurité sociale et de la caisse d’allocation familiale, de s’inscrire à la maternité, de débuter un suivi médical en ville (médecin généraliste, gynécologue) ou à la maternité (gynécologue ou sage-femme), de faire les examens prévus (première échographie, prise de sang…) et de se conformer à quelques mesures d’hygiène particulières, pour la prévention de la toxoplasmose, de la listériose, etc.

Un enjeu médico-légal

Si la femme ne souhaite pas mener sa grossesse à son terme et qu’elle est dans un projet d’interruption de grossesse, il y a des délais à respecter (voir dossier sur l’IVG).

Un enjeu psychologique

L'enjeu psychologique est de plus en plus médiatisé et déroutant : le déni de grossesse. La femme est enceinte à l’insu de tous, à commencer par elle-même.

Signes et symptômes d'une grossesse

Les signes les plus habituels et que les femmes connaissent ou reconnaissent bien peuvent être : 

  • L’absence de règles
  • Les seins gonflés
  • Les nausées
  • La sensibilité aux odeurs
  • Des tensions dans le bas-ventre
  • La fatigue
  • Envies fréquentes d’uriner
  • Troubles de l’humeur (tristesse, irritabilité, pleurs…)

Aucun de ces signes sont spécifiques à un début de grossesse mais tous sont évocateurs…

Si la femme est dans un projet de grossesse et qu’elle a habituellement des règles régulières (tous les 28-32 jours) et a fortiori qu’elle a déjà été enceinte : elle reconnaît en général les signes fonctionnels pré-cités. Que la femme soit ou non dans un projet de grossesse, si elle a des règles irrégulières : mieux vaut ne pas « s’emballer » avant 33-35 jours après le début des dernières règles, d’autant que des seins gonflés peuvent aussi être le signe de règles sur le point d’arriver… Si elle a des règles très irrégulières (tous les deux mois ou de façon anarchique par exemple), mieux vaut se fier à un test de grossesse. Dans le cas d’une femme qui est dans un projet de grossesse, la patiente « mal réglée « est généralement davantage suivie médicalement (notamment sur le plan ovulatoire) et un test peut être pratiqué plus précocement, en se calant sur la durée minimale de ses cycles, quitte à refaire le test quelques jours plus tard. Dans tous les cas, une vérification « biologique » est nécessaire : sans (trop) attendre, il est recommandé de faire un test de grossesse délivré en pharmacie et/ou d’emblée un test sanguin (avec ou sans prescription médicale) pour vérifier le résultat.

Quels sont les avantages et les inconvénients des différents tests de grossesse ?

Quel que soit le test pratiqué (voir fiche test de grossesse), il est important de confirmer la grossesse mais aussi d’en dater le début, en particulier pour les femmes qui ont eu des saignements à la date prévue et/ou qui ne s’attendaient pas à être enceinte. Cela pour éviter une erreur d’un mois qui a toute son importance, tant pour la poursuite de la grossesse que pour son interruption, si la grossesse n’est pas désirée. 

Les tests urinaires 

Ils ont l’avantage d’être fiables, en vente libre en pharmacie, simples à manipuler (à n’importe quel moment dans la journée, avec ou sans le conjoint, etc.). Ils peuvent être utilisés le premier jour supposé de la date des règles, voire un peu avant pour certains d’entres-eux. Inconvénient : ils ne sont pas accessibles à tous à cause de leur coût et de la démarche à accomplir pour s’en procurer un (difficile de faire une demande discrète dans une pharmacie, quand on veut garder le secret et que l’on connaît bien le pharmacien….). Certains tests permettent même maintenant de savoir assez précisément la date de fécondation. Important : les laboratoires d’analyses médicales proposent aussi des tests urinaires pour les femmes qui souhaitent éviter de passer par la pharmacie ou préfèrent être guidées pour faire leur test.

La prise de sang en laboratoire 

Elle peut être obtenue sans prescription médicale ; elle ne peut être remboursée que sur présentation d’une ordonnance, rédigée par un médecin généraliste ou par un gynécologue. La prise de sang permet de mesurer le taux d’hormone de grossesse (HCG) et de dater le début de la grossesse.

La courbe de température

Elle n’est pas une méthode de contraception, mais peut en revanche être un indicateur de grossesse : une température qui ne chute pas au-delà du 14e jour après le décalage de température habituel en milieu de cycle est un bon signe de grossesse. En effet, au moment de l’ovulation, au 14 ème jour, sous l’influence des hormones, la température chute brutalement pour remonter de quelques dixièmes par rapport à la température habituelle. Elle revient ensuite naturellement à la normale au premier jour des règles, soit 14 jours après. En cas de grossesse, la température reste « en plateau », c’est-à-dire qu’elle ne chute pas.

De toute façon, une prise de sang doit toujours confirmer la grossesse. Attention, certains tests salivaires sont disponibles sur Internet au prix de 20 à 30 euros environ, mais ils ne bénéficient pas d’autorisation de mise sur le marché, ce qui signifie que leur efficacité n’a pas encore été confirmée scientifiquement.

Combien ça coûte et à qui s’adresser ?

Les tests urinaires disponibles en pharmacie coûtent en moyenne entre 7 et 15 euros selon leur niveau de sophistication pour la lecture du résultat. Le résultat apparaît en quelques secondes. Ils ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale.

Les tests sanguins sont pratiqués dans les laboratoires d’analyses médicales. Les résultats sont disponibles dans la journée ou le lendemain. Leur prix varie selon la technique utilisée par le laboratoire. Ils sont pris en charge à 60 % par la Sécurité sociale.