Vasectomie : technique de stérilisation masculine

La vasectomie est une technique de stérilisation masculine qui présente l’avantage (ou l’inconvénient lorsque les gens changent d’avis) d’être une méthode définitive et très efficace. La vasectomie concerne les hommes qui ne souhaitent plus avoir d’enfant. Elle consiste à boucher ou sectionner les canaux qui conduisent les spermatozoïdes de leur lieu de production à l'éjaculat. L'homme éjacule donc normalement lors de l'orgasme, mais le liquide éjaculé ne contient plus de spermatozoïdes. La vasectomie ne change rien à la sexualité de l’homme puisque la libido, l'érection et le plaisir sexuel restent inchangés.

Vasectomie : risques et enjeux

La vasectomie a longtemps été considérée comme une mutilation par la législation française, et depuis la loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001, la vasectomie à visée contraceptive est reconnue et autorisée. La vasectomie est une méthode de stérilisation quasi définitive, car sa réversibilité est difficile. En cas d’incertitude quant au désir ultérieur d’enfant, mieux vaut choisir une autre méthode de contraception que la vasectomie.

Les risques de la vasectomie sont faibles (hématome, infection, accumulation douloureuse de spermatozoïdes appelée épididymite congestive ou encore cicatrice) et ses contre-indications limitées (trouble sévère de la coagulation, hernie inguinale dans le scrotum, chirurgie testiculaire…). La vasectomie est une méthode de contraception très efficace mais non infaillible : le risque de reconnexion des canaux, et donc de grossesse potentielle chez la partenaire, est estimé à 0,1 %.

Vasectomie : technique

Les testicules sont le lieu de fabrication des spermatozoïdes, qui remontent dans les canaux déférents jusqu’à un réservoir au niveau de la prostate (les vésicules séminales). La vasectomie est l’intervention chirurgicale mineure consistant à sectionner ou bloquer ces canaux déférents : ils ne peuvent donc plus acheminer les spermatozoïdes des testicules à leur lieu de stockage et d’éjaculation. L’éjaculation quant à elle n’est pas empêchée car les spermatozoïdes ne représentent que 2 à 3 % de l’éjaculation, et la plus grande partie du liquide éjaculé est produite au niveau des vésicules séminales non affectées par la vasectomie. Après l’intervention, la production des spermatozoïdes se poursuit mais un équilibre se crée entre les spermatozoïdes produits et ceux qui meurent.

Comment cela se manifeste-t-il ?

La vasectomie n’affecte pas la vie sexuelle de l’homme. Le volume éjaculé et les sensations ressenties restent intacts. En revanche, il existe certains cas de reconnexion des canaux ; on parle alors de reperméabilisation ou recanalisation. Ce phénomène étant asymptomatique pour l’homme, il est donc nécessaire de le dépister systématiquement par un contrôle du spermogramme 2-3 mois après l'intervention : en cas de vasectomieefficace, le spermogramme confirme l’absence de spermatozoïdes dans le sperme ; en cas de recanalisation, des spermatozoïdes vivants sont retrouvés. Une deuxième vasectomie peut alors être proposée. Ce phénomène peut également être plus tardif, intervenant plusieurs années après la vasectomie.

Avec quoi ne faut-il pas confondre ?

Il ne faut pas confondre vasectomie et ablation d’un ou des testicules ou encore de la prostate. Ces interventions sont réalisées dans des indications différentes (cancer du testicule, de la prostate, adénome prostatique…). Par ailleurs, l’ablation d’un seul testicule n’entraîne pas de stérilité ; seule l’ablation des deux testicules empêche la production des spermatozoïdes.

Y a-t-il une prévention possible ?

Aucune précaution particulière n’est à adopter après vasectomie, hormis les mesures standard après intervention chirurgicale : se faire raccompagner, pas d’effort ni d’activité violente pendant quelques jours… Les rapports sexuels peuvent être repris 5 jours en moyenne après l’intervention et des traces de sang ou quelques douleurs peuvent se manifester. Attention, la stérilité n’est pas immédiate après la vasectomie, car des spermatozoïdes restent stockés dans l’organisme. Il faut donc allier une autre méthode contraceptive pendant 2 à 3 mois (et une vingtaine d’éjaculations), temps nécessaire pour vider les réserves et contrôler le spermogramme. Dans tous les cas, et même plusieurs mois voire années après une vasectomie, si la partenaire présente un retard de règles ou des symptômes évocateurs de grossesse, un test de grossesse est indispensable ; la vasectomien’est pas fiable à 100 %.

À quel moment consulter ?

Avant vasectomie, il est impératif d’être certain de ne plus avoir de désir d’enfants. En cas de doute ou d’interrogations, mieux vaut temporiser en privilégiant une autre méthode contraceptive. Après vasectomie, la consultation en urgence est impérative en cas de fièvres, douleurs importantes ou rougeur/inflammation des testicules, qui peuvent témoigner d’une infection.

Que fait le médecin ?

Le médecin pratiquant la vasectomie est un chirurgien urologue. Plusieurs techniques existent, mais les plus courantes sont la méthode chirurgicale « classique » et celle appelée « sans bistouri ». Elles sont réalisées sous anesthésie locale. La méthode classique consiste à faire une incision de chaque côté du scrotum (ou « bourses ») pour atteindre les canaux déférents et les bloquer. La vasectomie sans bistouri quant à elle nécessite une seule incision au centre du scrotum. Les canaux sont ensuite bloqués par ligature, cautérisation (brûler), excision agrafage-clampage et/ou interposition de gaine.

Comment préparer ma prochaine consultation ?

La rencontre préopératoire avec le chirurgien est l’occasion de vérifier la motivation pour l’intervention ainsi que d’exposer les problèmes de santé pouvant éventuellement la contre-indiquer. Le jour de l’intervention, il est préférable de venir avec des sous-vêtements serrés permettant un bon maintien des testicules. De même, l’aspirine et les anti-inflammatoires doivent être évités dans la semaine précédente et dans les jours suivants (risque de saignement).