Fécondation in vitro FIV : techniques, fonctionnement et préparation

La fécondation in vitro ou FIV entre dans le cadre de l’aide médicale à la procréation (AMP). La FIV s’adresse aux couples hétérosexuels en âge d’avoir des enfants, mariés ou pouvant justifier de 2 ans de vie commune avec une infertilité constatée par le médecin. La FIV comporte plusieurs techniques : la FIV classique ou la FIV avec micro-injection de spermatozoïde dans l'ovocyte (ICSI). Concrètement, la FIV consiste à mettre l’ovule (les médecins parlent d’ovocyte) de la femme en présence des spermatozoïdes de l'homme en dehors du corps de la femme, d’où le terme de « bébés éprouvettes ». Dans certaines circonstances, la FIV est indiquée pour éviter la transmission d’une maladie grave à l’enfant ou à l’un des membres du couple. Parfois, elle nécessite le recours au don de spermatozoïdes ou au don d’ovocytes.

Fécondation in vitro : risques et enjeux sanitaires

L'infertilité est définie par la difficulté à concevoir un enfant après 1 an de relations sexuelles régulières, sans contraception et avec le même partenaire. Dans 30 à 40 % des  cas la cause est féminine ; elle est masculine dans 40 % des cas ; dans les 30 % des cas restants, la cause est mixte impliquant l’homme et la femme, et est parfois inconnue. En 2007 en France, plus de 20 000 enfants sont nés à la suite d'une AMP, dont 6 % après don de spermatozoïdes ou d’ovocytes. Le principal risque d’une FIV est celui des naissances multiples (25 % des grossesses donnent naissance à des jumeaux). Les autres risques (fausses couches…) ne sont pas prouvés scientifiquement.

Fonctionnement de la fécondation in vitro

Le programme de FIV comporte plusieurs étapes avant la mise en contact de l’ovule avec les spermatozoïdes. La première étape est l'inhibition de l'activité ovarienne, avec remplacement du cycle naturel de la femme par un cycle artificiel permettant une meilleure stimulation de l'activité ovarienne. Cette « superovulation » augmente le nombre possible d'ovules. La deuxième étape consiste à déclencher le processus de maturation des ovules grâce à une injection d’hormone, puis à les prélever sous contrôle échographique. Une fois prélevés, les ovules sont mis en contact avec les spermatozoïdes (recueillis au laboratoire puis préparés) dans une éprouvette, d’où le terme de fécondation in vitro. La dernière étape permet le transfert d’un ou plusieurs embryons (ovules fécondés) à l'intérieur de la cavité utérine de la patiente. Un test de grossesse dans les semaines qui suivent permet de confirmer le début de grossesse.

Comment cela se manifeste-t-il ?

L’infertilité se manifeste par l’absence de grossesse après une certaine période (6 mois à 1 an) de rapports sexuels réguliers sans contraception et avec le même partenaire. Il faut rappeler que la fertilité décroît avec l'âge. Ainsi, le pourcentage de grossesses par cycle passe de 25 % entre 20 et 30 ans à 12 % à 35 ans et 6 % à 40 ans. Une consultation médicale, voire dans un centre d’AMP permet de faire un bilan et d’envisager les solutions possibles.

Avec quoi ne faut-il pas confondre ?

Il ne faut pas confondre la FIV avec l’insémination artificielle. L’insémination artificielle consiste à introduire directement dans la cavité utérine les spermatozoïdes du conjoint ; elle est réalisée au cours d’un simple examen gynécologique. De même, d’autres techniques d’AMP existent comme la micro-injection de spermatozoïde dans l'ovocyte (ICSI), qui injecte directement à l’intérieur de l’ovocyte un seul spermatozoïdesélectionné. Enfin, le recours au don anonyme de spermatozoïdes (FIV avec sperme de donneur) ou d’ovocytes est parfois le seul recours pour avoir des enfants.

Y a-t-il une prévention possible ?

Il est nécessaire de se préparer physiquement et psychologiquement à une grossesse. Ainsi, quand le couple décide d’avoir un enfant, une consultation médicale chez le médecin traitant ou le gynécologue pour une visite préconceptionnelle est indispensable. Des examens sont souvent prescrits (groupe sanguin, sérologies VIH, toxoplasmose et rubéole en l'absence de résultats antérieurs positifs protecteurs). La contraception doit être arrêtée après avis médical, et le délai est variable avant le retour de cycles réguliers et de l’ovulation. Il est conseillé de prendre de la vitamine B9 (ou acide folique) avant la conception et 1 mois avant l'arrêt de la contraception.

Équilibres de vie (alimentation, activité physique…) et du couple (relations sexuelles régulières et spontanées) feront le reste ! Notons que le conjoint est aussi concerné par cette préparation à la grossesse ; la qualité de son sperme est fondamentale et peut être altérée par les toxiques (tabac, alcool, stupéfiants, prise d'hormones et autres substances à visée anabolisante…), par une alimentation déséquilibrée ou par un surpoids ou l'obésité. De même, des vêtements trop serrés (qui augmentent la température des testicules) sont néfastes pour les spermatozoïdes.

À quel moment consulter ?

Une infertilité est suspectée après 1 an de rapports sexuels réguliers (sans contraception et avec le même partenaire) ou après 6 mois chez la femme de plus de 35 ans, ou en cas d'antécédents ou de troubles gynécologiques (infections génitales, fibromes, irrégularités menstruelles…).

Que fait le médecin ?

La première consultation avec le médecin du centre d’AMP va confirmer l’infertilité en reprenant les antécédents du couple, les circonstances pour avoir un enfant… Elle est aussi l’occasion de prescrire les premiers examens de base : courbe de température, dosages hormonaux, échographie, voire hystérosalpingographie et spermogramme chez l’homme. Les différentes solutions médicales sont exposées au couple et un choix est fait avec les résultats des examens complémentaires. Si la FIV est retenue, les différentes étapes vont pouvoir commencer, de la stimulation hormonale au transfert d’embryon et à la grossesse. D’autres consultants sont sollicités en fonction des cas : urologue pour l’homme, psychologue/psychiatre pour le couple…

Comment préparer ma prochaine consultation ?

Après le transfert d’embryon, dernière étape de la FIV, une période d'attente est nécessaire avant de faire un test de grossesse. Cette attente est souvent source d'anxiété chez les couples en traitement de FIV. Pourtant, le délai de 16 jours est indispensable entre le prélèvement d'ovules et les résultats du test de grossesse (détection dans le sang de l'hormone de grossesse [hCG]). S’il est positif, il confirme la grossesse !