Amniocentèse : cas d'utilisation, risques et prise en charge

L’amniocentèse est un examen qui consiste à prélever du liquide amniotique (dans lequel baigne le fœtus pendant la grossesse) pour en extraire des cellules fœtales. Les cellules fœtales sont mises en culture pendant 10 à 15 jours dans un laboratoire spécialisé. L’ADN qu’on en extrait permet d’établir la carte des chromosomes du fœtus, appelée « caryotype ».

Amniocentèse : indications et risques

L’amniocentèse permet de compter et vérifier les chromosomesfœtaux, donc de dépister les anomalies telles que la trisomie 21 ou la mucoviscidose, certaines myopathies, ou des infections fœtales comme la toxoplasmose qui provoque des malformations. Si une anomalie est détectée et incurable, une interruption médicale de grossesse (IMG) est proposée aux parents.

L’amniocentèse n’est pas systématique, elle est décidée selon les risques estimés d’anomalies. Par exemple, le risque de trisomie 21 augmente avec l’âge de la mère, l’épaisseur de la nuque du fœtus mesurée à la première échographie, et selon le taux d’hormone hCG dans le sang (marqueur de la trisomie 21). L’amniocentèse est aussi conseillée lorsque la mère contracte la toxoplasmose. Des recherches sont en cours pour dépister les maladies fœtales à partir d’une simple prise de sang maternelle et ainsi éviter l’amniocentèse de contrôle.

Amniocentèse : technique

L’amniocentèse a lieu entre 15 et 17 semaines d’aménorrhée, ou plus tard si une anomalie est détectée à l’échographie. Il est inutile d’être à jeun ou d’avoir la vessie pleine. Le conjoint peut assister à l’amniocentèse dans la plupart des services. La peau est désinfectée. Le médecin est guidé par échographie : avec une aiguille très fine, il traverse les parois abdominale et utérine en repérant la position du fœtus et du placenta pour les éviter, et prélève environ 20 ml de liquide amniotique.

Ce n’est pas plus douloureux qu’une prise de sang et ne nécessite pas d’anesthésie. L’ensemble ne dure que quelques minutes. La femme reste ensuite au repos pendant 1 ou 2 jours. Si elle est Rhésus négatif, elle reçoit des gammaglobulines anti-D pour prévenir une immunisation contre son fœtus (au cas où il serait Rhésus positif).
Les résultats sont rendus en 2 semaines à peu près.

Quels sont les risques et les inconvénients de l’amniocentèse ?

L’amniocentèse faisant peur à cause des complications et des résultats à venir, l’équipe médicale est attentive à limiter l’anxiété. Le risque principal de l’amniocentèse est la fausse coucheprovoquée par une fissure de la poche des eaux, un décollement du placenta ou une infection. Ce risque oscille entre 0,5 et 1 %. Il impose à la femme de consulter immédiatement si elle perd du liquide par le vagin, a mal au ventre ou de la fièvre. L’aiguille mesurant moins de 0,5 mm de diamètre, le liquide amniotique ne ressort pas par ce trou très fin. Si l’aiguille touche le fœtus malgré la surveillance permanente par échographie, ce n’est pas grave parce qu’il flotte et esquive le contact. Le prélèvement liquidien de 20 ml est sans conséquence car le liquide amniotique se renouvelle.

Qui prescrit l’amniocentèse, combien ça coûte, est-ce remboursé ?

L’amniocentèse est prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale dès qu’il y a une prescription médicale : 68,58 euros (tarif conventionnel). Un résultat peut être obtenu en 48 heures mais il est moins complet, n’est pas pratiqué partout et n’est pas remboursé.

Où se pratique l’amniocentèse et par qui ?

Le prélèvement s’effectue en général à l’hôpital, dans une salle spécifiquement dédiée. Mais il peut aussi être pratiqué en cabinet. C’est un gynécologue ou un échographiste qui s’en charge.