Prélèvement de villosités choriales : dépistage, déroulement et risques

Les villosités choriales forment le trophoblaste, futur placenta qui contient des cellules de l’embryon en formation. En en prélevant quelques milligrammes, on peut mettre ces cellules en culture et les analyser pour faire un dépistage des anomalies chromosomiques fœtales. Comme l’amniocentèse, le prélèvement de villosités choriales (PVC) constitue un moyen invasif de diagnostic prénatal. Il peut être pratiqué plus tôt que l’amniocentèse, dès 12 semaines d’aménorrhée(SA), mais présente des risques plus importants.

Prélèvement de villosités choriales : dépistage

Si la première échographie laisse soupçonner une anomalie chromosomique (trisomie 21 par exemple) ou s’il existe dans la famille des maladies génétiques (hémophilie, drépanocytose…), l’état génétique du fœtus peut être contrôlé précocement par une étude ADN ou des protéines cellulaires grâce à cet examen. Il se justifie lorsque le risque d’anomalie est élevé et que les parents acceptent ses aléas.

Prélèvement de villosités choriales : déroulement

Cet examen a lieu en ambulatoire et dure environ 15 minutes. Il est parfois nécessaire d’avoir la vessie pleine pour repousser l’utérus vers le haut et le rendre plus accessible. Le médecin vérifie d’abord à l’échographie s’il y a un ou plusieurs fœtus, le terme de la grossesse et l’accessibilité du trophoblaste. Puis, toujours sous contrôle échographique, il choisit l’une des deux techniques possibles pour le prélèvement. Dans les deux cas, l’équipe échographiste/obstétricien doit être entraînée.

1. Le prélèvement s’effectue par voie abdominale sous anesthésie locale. Le médecin traverse l’abdomen avec une aiguille très fine, jusqu’à atteindre le trophoblaste, dont il prélève une toute petite partie par aspiration.

2. Le médecin peut aussi passer par le col de l’utérus, au moyen d’une pince longue et très fine.

La première technique est privilégiée car les risques sont moindres. Le prélèvement est immédiatement examiné au microscope, pour vérifier qu’il contient suffisamment de tissu (5 à 15 mg). Si ce n’est pas le cas, un deuxième échantillon peut être prélevé. Un contrôle échographique est effectué ensuite. Les résultats sont obtenus en quelques jours à 2 semaines selon ce qu’on cherche.

Quels sont les risques et les inconvénients du prélèvement de villosités choriales ?

Le PVC n’est pas toujours praticable. Des fibromes utérins, la présence des intestins devant l’utérus, des métrorragies (saignements) ou un décollement du placenta empêchent un prélèvement par voie abdominale. Une infection génitale basse (vérifiée par prélèvement bactériologique), un rétrécissement du col de l’utérus, des métrorragies ou un vaginisme (spasme irrépressible du vagin) empêchent le prélèvement par voie transcervicale (col de l’utérus). Le risque principal du prélèvement est la fausse couche. Mais il est difficile à établir car le risque naturel à 12 SA est assez élevé. On l’évalue à environ 2 % de fausses couches. De petites crampes ou des saignements vaginaux peuvent suivre cet examen dans 10 à 15 % des cas. Ils ne durent généralement pas et ne nuisent pas à la grossesse. En cas de fièvre, de douleurs abdominales ou de pertes vaginales, il faut appeler son médecin ou se rendre aux urgences du service où le prélèvement a été fait.

Qui le prescrit, combien ça coûte ?

Le prélèvement de villosités choriales est prescrit par le gynécologue obstétricien qui a reçu le résultat des marqueurs biologiques ou a mesuré l’épaisseur de la nuque fœtale. Il coûte en tout 434 euros, et est remboursé à 100 % par la Sécurité sociale.

Où se pratique l’examen et par qui ?

Le PVC est pratiqué par un gynécologue obstétricien et un échographiste. Il a lieu en salle d’échographie, dans un service de gynécologie obstétrique qui comporte un centre de diagnostic prénatal.